Le marché d’Arcachon marque une pause début 2026 : transactions en baisse de 15%, mais prix toujours stratosphériques à 8 277 €/m². Derrière les chiffres, une crise sociale : 67% de résidences secondaires et des Arcachonnais exclus de leur propre ville.
Un marché en pause, des prix qui résistent
Début 2026, le marché immobilier d’Arcachon traverse une période paradoxale. Les transactions ont chuté de 15% sur un an, freinées par des taux d’intérêt à 3,8%. Pourtant, les prix demeurent élevés : un T3 avec vue océan se négocie à 5 800 €/m², les villas pieds-dans-l’eau atteignent 9 000 €/m². Le prix médian à Arcachon s’établit à 8 277 €/m², soit +30% sur cinq ans.
Stock gonflé, acheteurs en position de force
L’offre s’est étoffée avec 120 biens neufs disponibles. Cette accumulation place les acheteurs solvables en position de négociation. Les vendeurs réalistes commencent à assouplir leurs prétentions face à l’allongement des délais de vente. Cependant, de nombreux vendeurs se fient encore au prix de vente post COVID-19. Après la crise sanitaire qui a fait chuter les taux d’intérêts, les prix ont explosé face à une augmentation de fréquentation de la région.
Cette situation augmente le marché et le prix des biens, ce qui ralenti un grand nombre de transactions, et freine les visiteurs à s’installer sur Arcachon.

Des appartements au centre-ville, délaissé et qui ne se vendent pas car leur prix est trop éloigné de la réalité du marché. Crédit photo : Killian Lemaitre- -Morais
Le locatif saisonnier résiste face au crise de logement local
Malgré les turbulences, l’investissement locatif démontre sa résilience : 75% d’occupation en décembre grâce aux vacances.
Derrière les chiffres séduisants, une réalité préoccupante : 67% des logements sont des résidences secondaires ou Airbnb, contre 40% en moyenne nationale.
Ces chiffres montrent que le Bassin d’Arcachon reste une région à double tranchant : une grande attractivité et un intérêt fort d’avril à septembre, contre une vie moindre, sans grands mouvements durant l’automne et l’hiver.
Habitées la moitié de l’année ou moins, ces résidences secondaires causent un vide dans la ville, là où de potentiels résidents voudraient s’y installer. Ces derniers se voient contraints de monter leur budget ou de carrément changer de secteur.
Une politique municipale contestée
Yves Foulon essuie des critiques croissantes. Sans réels changements apportés, les locaux se demandent si la ville d’Arcachon ne devient pas une œuvre de vacances pour les touristes.
À l’inverse, l’écologiste Vital Baude propose des quotas minimums de résidences principales et pointe du doigt l’omniprésence des résidences secondaires synonyme d’une culture trop touristique. Le candidat écologiste de 50 ans dénonce le manque cruel de jeunesse à Arcachon. Les jeunes ne peuvent plus y résider, asphyxiés par des prix immobiliers exorbitants, condamnés à déménager.

Une villa arcachonnaise divisé en plusieurs appartements, synonyme de résidences secondaires délaissés en hiver. Crédit photo : Killian Lemaitre- -Morais.
Un échec régional
Alors que Arcachon étouffe, le Cap-Ferret explose : 4e station balnéaire la plus chère de France à 12 648 €/m² médian pouvant aller jusqu’à 14 342 €/m².
Les conséquences ne sont pas moindre, 80% de résidences secondaires. La presqu’île ne vit que d’avril à septembre ce qui impacte les commerçants qui peinent à survivre durant l’hiver par manque de clientèle.
Un échec politique qui transforme la réussite économique en drame social : les villes prospèrent, mais vident ses natifs.
L’immobilier et ses prix doivent connaître un renouveau. C’est l’occasion pour les candidats des législatives, de proposer un programme économique et immobilier stable et accessible à tous.
