Le Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon gère la qualité de l’eau, l’assainissement et les travaux à l’échelle du bassin. Mais comment fonctionne-t-il au quotidien ?

300 000 à 500 000 m³ de sédiments par an dans les ports, chenaux et zones critiques du Bassin d’Arcachon.
À la veille de la nouvelle élection du président du SIBA, les habitants se doivent de connaître les vrais enjeux et actions de ce syndicat.
Créé en 1964 par les communes riveraines, le SIBA répond à un défi clair : s’adapter à la croissance des communes en préservant la qualité de l’eau de notre Bassin.Il réunit 12 communes — COBAS au sud, COBAN au nord — et 38 élus au comité syndical (19 de chaque).Ses missions : assainissement, eaux pluviales, qualité de l’eau au travers d’un réseau d’expertise REMPAR, hygiène, travaux maritimes et promotion du territoire.
60 000 m³ d’eaux usées traités par jour
Près de 1200 km de canalisation acheminant 30 000 m³ d’eaux usées quotidiennes vers des stations d’épuration (Biganos la Teste et Cazaux). Les eaux traitées retournent ensuite dans le milieu naturel par le Wharf de La Salie. A la Teste, le SIBA valorise aussi les boues d’épuration en biométhane et réutilise les eaux traitées pour le nettoyage des équipements et l’arrosage de certains espaces également sur Biganos.
Un résultat concret sur la qualité des eaux de baignade : 95% des sites classés « excellente qualité » en 2024.
Eaux pluviales, inondations et milieux aquatiques
Il a en charge la gestion des eaux pluviales urbaines, lutte contre les inondations et restaure des zones humides. Il entretient réseaux et bassins hydrauliques et prépare aux risques naturels (submersions marines, érosion).Les crastes sont les artères du Bassin et protègent 70 000 habitations de l’inondation

Carte du système de d’assainissement du SIBA avec plus de 1000 pompes présente sur le Bassin.
Les crastes (=fossés en gascon) : quand la responsabilité se dilue
Sur les 475 km de crastes du territoire, plus de 240 km sont sur des terrains privés, dont l’entretien incombe aux propriétaires — souvent peu au courant. Le réseau public est géré par le SIBA. Le SIBA se mobilise pour informer les habitants sur l’importance de prendre soin de ce réseau naturel de drainage des eaux de pluie.
Ces problèmes peuvent amener à des crises qui ont un impact national.
L’hiver 2023-2024 a mis le SIBA en difficulté. Sur le Bassin d’Arcachon, il est tombé 1,20 m de pluie en 6 mois (contre 0.5 m en moyenne). Conséquence : les eaux pluviales ont envahi le réseau d’eaux usées créant des débordements. Le parquet de Bordeaux a ouvert une enquête pour écocide, et les ostréiculteurs ont subi une baisse de 20 à 30 % de chiffre d’affaires. En réponse, le SIBA a annoncé 120 millions d’euros d’investissements sur cinq ans, dont une nouvelle station d’épuration au nord du Bassin — mais qui ne verra pas le jour avant quatre à cinq ans.
Depuis ce jour, le syndicat connaît de nombreuses critiques des habitants du Bassin, face à une « dégradation du territoire », mais aussi des associations environnementale comme la Sepanso, l’Adela et la Ceba.
Le 10 mai 2025, près de 150 manifestants ont défilé contre ses rejets polluants.
Comme le montre cette manifestation, un exemple parmi tant d’autres, depuis 2023, une certaine rupture s’est faites entre le SIBA et les associations environnementales. Malgré les efforts, le syndicat continue d’être critique et scruté, en l’attente du verdict du parquet de Bordeaux.
Navigabilité : dragage indispensable
Le Bassin s’ensable avec les marées. Le SIBA drague ports et chenaux, réutilise les sédiments localement. À Moulleau, 28 000 m³ de sable déplacés pour réensabler la plage. À la Dune du Pilat, 180 000 m³ tous les deux ans depuis 2003. Autres sites : chenaux d’Audenge, La Hume, Arès, Cap Ferret.
Actions de terrain avec les habitants
« Ici commence la mer » soit : « ici commence le geste pour la préserver », mobilise les gens d’ici et d’ailleurs sur les déchets retrouvés dans les avaloirs et les caniveaux qui poursuivent ensuite leur chemin vers le Bassin d’Arcachon. 3,3 kg retrouvés en 4 mois sur un seul filet à macrodéchets.
Mais aussi, la mise en ligne d’une plateforme de bénévolat : « bassin bénévolat » pour rassembler tous ceux qui veulent donner du temps pour le Bassin.

25 bénévoles se sont mobilisé ce 17 avril à Lanton, plusieurs centaines s’engagent à l’année pour le SIBA.
Le SIBA a aussi un rôle de promouvoir le territoire du Bassin d’Arcachon.
Le pôle promotion relaie infos pratiques : appli pour balades, le Bassin sans MA voiture, itinéraires vélo, sorties nature hors saison, tourisme d’affaires. Objectif : une activité étalée sur l’année.
Le SIBA, c’est donc un outil communal pour des défis trop grands pour une seule mairie.
Ce 21 février à 17h, le SIBA va élire son nouveau président. Une nouvelle page et un nouveau lancement pour le syndicat et son président.
SIBA — 05 57 52 74 74 — siba-bassin-arcachon.fr
