Un feu parti de Saumos brûle depuis mercredi près du Bassin d’Arcachon. Voici où il en est, et ce qui menace vraiment.
Le feu s’est déclaré mercredi vers midi à Saumos, entre Le Porge et Lacanau, dans le Médoc, à 10 kilomètres au nord du Bassin d’Arcachon. Sa cause est jugée accidentelle : un engin de débroussaillage, selon le maire du Porge et la gendarmerie. Jeudi à 8h23, il avait parcouru 2600 hectares sur environ 15 kilomètres de front. 500 pompiers, 90 militaires de la gendarmerie et 150 engins luttent au sol, appuyés par deux Dash, deux Canadair et quatre Air Tractor. Entre 10 000 et 12 000 personnes ont été évacuées depuis mercredi. Aucun blessé n’est à déplorer. Le feu, en phase « convective » selon le Sdis, avance de façon imprévisible vers le sud, direction Lège-Cap-Ferret et Arès. Tout le département reste en vigilance rouge « feux de forêt« .

9 communes et 2500 évacués sur le Bassin
Sur le Bassin, cinq communes ont ouvert des salles d’accueil : Lège-Cap-Ferret, Biganos, Audenge mais aussi Marcheprime et Mios. Plus de 2500 personnes y ont dormi. À Lège, la mairie a ouvert trois sites, dont un gymnase et la Halle, pour 600 évacués du camping La Grigne. Huit campings au nord du Cap Ferret ont été vidés : La Jenny, Le Truc Vert, La Prairie, La Pinède, Le Grand Crohot, Brémontier notamment. Les routes D106E5, D105E3, D5E4, D107 et D3 sont fermées.
Le giratoire de querquillas sur la RD106 Andernos dans le sens Bordeaux à Lège est aussi fermé, tout comme les pistes cyclables Vélodyssée (entre Lacanau et Arès) et D807 (entre Lacanau et Arès). La préfète de la Gironde, Sophie BROCAS, a pris un arrêté interdisant, 24h sur 24, l’utilisation de moteurs thermiques et électriques ainsi que de toute source d’ignition dans les espaces exposés des communes à dominante forestière.
Crèches, activités périscolaires et transports en commun sont suspendus sur la presqu’île. La Croix-Rouge et le Secours populaire épaulent les communes pour l’hébergement, les repas et les dons, en lien avec les CCAS locaux. Des habitants, comme des restaurateurs de Claouey, viennent aussi prêter main-forte aux évacués.

Cette nuit, la mairie de Lège-Cap-Ferret a renforcé ses consignes de sécurité. L’entrée sur la presqu’île est réservée aux professions essentielles. Pistes cyclables forestières, navigation commerciale et transports en commun sont interrompus : plus de navettes corps morts. Phare et postes de secours sont fermés aussi. Les évacuations, menées cette nuit au nord de Lège-Cap-Ferret, sont terminées. Mais le confinement reste conseillé aux habitants, pour ne pas encombrer les routes et faciliter le travail des secours. Les plages ne sont pour l’instant pas fermées, malgré l’absence des postes de secours.
15 à 20 heures avant d’arriver, si rien ne l’arrête
Le feu est à 700 mètres de la route du Grand Crohot, dernière ligne avant la presqu’île, qu’il pourrait atteindre vers 7h selon le maire de Lège-Cap-Ferret, Philippe de Gonneville. Sur ce tronçon, le front a avancé à environ 700 mètres par heure. À ce rythme, il lui faudrait 15 à 20 heures pour rallier le bourg de Cap-Ferret : un scénario extrême, pas une prévision officielle, mais une extrapolation à partir des points de situation de la préfecture. La préfète Sophie Brocas a demandé « solennellement » à la population de respecter les évacuations, « il n’y a pas péril en la demeure mais il faut le faire maintenant« . Le maire l’a redit : « il n’est pas envisagé d’évacuation de la presqu’île ».

Un exercice d’évacuation par la mer avait justement eu lieu en octobre 2025, en cas de feu coupant la D106, seule route de sortie de la presqu’île. En moyenne, le feu brûle 100 hectares par heure depuis son départ ; en 2022, La Teste et Landiras avaient mis dix jours à être fixés, avec des reprises dans le sable. Une stabilisation sur la ligne du Grand Crohot semble possible en 24 à 48 heures si le vent faiblit, avant plusieurs jours de surveillance des reprises dans les dunes.
Les conséquences sont déjà visibles pour le Bassin : quatre ans après les incendies de 2022, les fumées envahissent de nouveau les plages et dégradent l’air jusqu’à Bordeaux. Tous les regards restent tournés vers le littoral, pour que les flammes ne l’atteignent pas cette fois.
