La Tempête Nils à violemment secoué le Bassin

Le record de rafale de vent a été enregistré au Cap-Ferret à 162km/h, pour une moyenne de 150 km/h sur le bassin. Photo

35 interventions en une nuit

Entre mercredi soir et jeudi matin, 35 interventions ont mobilisé les équipes du SIBA sur le Bassin. De nombreux arbres sont tombés, bloquant les principaux axes, endommageant maisons et véhicules. Les routes départementales : RD1010, RD3, RD108 et RD110 ont été fermées à la circulation. À Mios, la RD5 était partiellement inondée jeudi matin. Près du Leclerc à La Teste, plusieurs tronçons de routes sont restés sous l’eau, une situation qui perdure depuis plusieurs semaines.  

Par mesure de précaution, les jetées et promenades d’Arcachon ont été fermées, ainsi que le parc Mauresque et le belvédère. Andernos a interdit l’accès à sa jetée, la piscine municipale Franck Cazenave a subi des dommages et reste fermée pour une durée indéterminée.

Audenge a fermé son parc, Mios le parc Birabeille a été interdit au public nécessitant de multiples interventions des agents communaux. Lège-Cap Ferret et Arcachon ont fermé préventivement les sentiers du littoral, les accès aux plages et certains belvédères face à la forte houle.

À Gujan-Mestras, le Parc de la Chêneraie est fermé jusque vendredi 19h, tout comme le complexe Chante-Cigale, aire de jeux du Lac de la Magdeleine et le skatepark. Dans toutes les villes, les stades restent inaccessibles ce week-end, perturbant le quotidien des habitants comme des vacanciers et des clubs locaux comme le RCBA.

Jeudi matin, 128 000 foyers girondins ont été privés d’électricité, dont un grand nombre sur le Bassin. La ligne TER Arcachon–Bordeaux a été interrompue dès 21h le 11 février, avec une reprise jeudi en milieu de journée. 

Les ostréiculteurs redoutent le pire

Les pertes économiques s’annoncent lourdes. Le secteur ostréicole craint un nouveau coup dur. En novembre 2023, la tempête Domingos avait déjà ravagé les parcs du banc d’Arguin, entraînant la perte de 160 tonnes d’huîtres pour 70 ostréiculteurs. Les professionnels redoutent également un débordement des eaux usées, cauchemar récurrent depuis l’épidémie sanitaire de décembre 2023 qui avait paralysé la commercialisation.

Les collectivités font face aux frais de nettoyage et de remise en état. Routes, rues, habitations : de nombreux secteurs ont été endommagés par les chutes d’arbres. Heureusement, aucune victime n’est à déplorer sur le Bassin.

Les habitants aussi étaient inquiets et pas serein : « Nous avons l’habitude des grandes et des minis tempêtes à Arcachon, avec les pluies et les éclairs. Sauf que cette fois, c’était plus violent : le bruit, le vent et la pluie. J’avais peur pour la voiture et le toit notamment à cause des 3 pins dans le jardin qui pouvaient tomber à tout moment » nous explique Luisa, résidente à Arcachon.

De nombreuses routes ont été endommagés, fermées, réparées pour réouvrir dès jeudi après-midi ou vendredi matin.

Une vulnérabilité inquiétante

Cette tempête intervient après la mini-tornade du 31 janvier à Mios, qui avait endommagé près de 300 habitations. Depuis la mi-janvier, le territoire enchaîne les vigilances orange pour crues et inondations. La tempête Benjamin à l’automne, les épisodes de pluies diluviennes accompagnées de rafales : ces phénomènes deviennent banals et s’intensifient depuis les années 2000.

Le changement climatique provoque une hausse du niveau de la mer et renforce l’intensité des pluies, entraînant des tempêtes aux impacts potentiellement plus violents« , explique le service national de la météorologie (RMC).

Le Bassin confirme sa vulnérabilité face à ces épisodes climatiques violents, aggravés par sa position littorale et la montée des eaux. Les infrastructures et activités économiques locales devront-elles se réinventer pour résister à ces phénomènes de plus en plus fréquents ?