L’ascenseur du Parc Mauresque vient de rouvrir ses portes ce 28 janvier 2026. Tombé en panne le 24 octobre, il était indisponible jusqu’à ce jour. Une occasion de revenir sur son histoire.
L’ascenseur donnait des signes de faiblesse depuis longtemps. Les pannes se multipliaient, leur durée s’allongeait. L’été dernier, des bruits inquiétants de frottements accompagnaient chaque trajet. Désormais, il devrait être en parfait état. Son histoire est aussi mouvementée.
L’élévateur du parc Mauresque a été mis en service en 1950. Il a remplacé un funiculaire inauguré en 1913 pour relier la ville basse d’Arcachon au casino Mauresque, construit en 1863. Pour franchir une dénivellation d’environ 25 mètres, plusieurs projets furent envisagés dès la fin du XIXᵉ siècle dont un ascenseur hydraulique, abandonné faute de puissance et pour des raisons esthétiques.

Le parc Mauresque dans les années 1970, identiques à ce que l’on connait aujourd’hui. Crédit photo : Arcachon Nostalgie.
En 1911, grâce à l’arrivée de l’électricité, l’entrepreneur arcachonnais Blavy propose un funiculaire électrique à voie unique, concédé pour 30 ans. L’installation, exploitée par la Société Anonyme du Funiculaire d’Arcachon dès 1913, connaît un succès initial. Mais la Première Guerre mondiale entraîne la chute de la fréquentation touristique ; le casino devient hôpital militaire et le funiculaire accumule les difficultés financières. Malgré une reprise partielle après-guerre, la suppression du tramway en 1932 prive le funiculaire de son alimentation électrique. L’exploitation cesse, reprend brièvement en 1936, puis s’arrête définitivement à la veille de la Seconde Guerre mondiale en raison de pannes coûteuses.
En 1948, la ville décide son remplacement par l’ascenseur actuel qui n’a pas changé de place et de style. En 1952, le sculpteur arcachonnais Claude Bouscau (1909-1985), fils d’ostréiculteur, signe deux œuvres autour de l’ascenseur du Parc Mauresque. Le bas-relief en céramique de l’entrée représente un faune poursuivant des nymphes dans un décor de pins et palmiers, mêlant mythologie antique et identité balnéaire locale. Au bassin voisin, sa sculpture en pierre (1,30 m) dévoile une jeune femme en torsion jouant avec un dauphin, symbole de l’harmonie entre l’homme et la mer. Ces créations marquent un tournant stylistique vers plus de naturel et de fluidité.
