Depuis 2001, l’avocat arcachonnais a façonné une ville phare du Bassin d’Arcachon. À 67 ans, il brigue en mars 2026 un cinquième mandat consécutif, fort d’une popularité qui défie l’usure du pouvoir.
Une ascension politique sans précédent
Yves Foulon prend les rênes d’Arcachon en mars 2001 en battant le maire sortant socialiste Pierre Lataillade. Score au second tour : 49,5% contre 38,2%, avec une participation de 52%.
Ce premier succès lance une domination électorale exceptionnelle. En 2008, il est réélu dès le premier tour avec 55,3% des voix. En 2014, il l’emporte au second tour face à Christian Panonacle avec 58,1%. Son record absolu date de 2020 : 65,75% des suffrages dès le premier tour, soit 3 245 voix sur 4 943 votants. Son adversaire écologiste Vital Baude ne récolte que 12,08%. L’homme connaît la maison depuis longtemps. Élu conseiller municipal dès 1983 sous Yvon Couderc (UDF), il devient adjoint aux sports puis premier adjoint. Cette ascension progressive cultive l’image de l’héritier naturel.

Yves Foulon, l’enfant d’Arcachon, né le 10 octobre 1958 à Arcachon, entré au Conseil Municipal en 1995 et maire depuis 2001. Photo : Flavien Collonge.
Un bâtisseur qui transforme la ville
Sous ses mandats, Arcachon a connu une transformation urbaine d’envergure. Le parking souterrain de 147 places à la gare, inauguré en juillet 2017, ouvre la voie à la restructuration du quartier.
Le MA.AT, espace culturel de 4 000 m² pour 20 millions d’euros, est inauguré le 1er février 2020. Il regroupe une médiathèque-ludothèque de 1 200 m², un espace gaming gratuit, une ludothèque de 300 m² avec 800 jeux, la Maison des Associations, l’Office de Tourisme, un auditorium de 170 places et le bunker 502 avec sa scénographie immersive. Le front de mer bénéficie d’une rénovation complète de 5 millions d’euros entre 2023 et 2025 sur 400 mètres. Nouvelles boutiques, identité repensée pour le centre-ville, routes réaménagées : le visage d’Arcachon se modernise.
Le Parc Mauresque se dote d’une nouvelle aire de jeux en 2018. Les pistes cyclables se multiplient pour faciliter les déplacements doux. Le transport lacustre « greanboat » est lancé dès 2011. Des parkings relais et les scooters électriques e-dog complètent l’offre de mobilité. Dans le domaine social, la ville rénove les quartiers prioritaires. Le quartier Paul Bert obtient une nouvelle école maternelle pour 8 millions d’euros. 200 familles modestes bénéficient d’aides à l’accession à la propriété.
En santé, Foulon se montre pionnier. « Arcachon Santé » voit le jour en 2008 avec des médecins libéraux à domicile gratuits pour les seniors. Les téléconsultations démarrent dès 2012 et couvrent 2 000 patients par an. La Maison des Médecins ouvre en 2018 pour 4 millions d’euros. Président du SIBA depuis 2020, il porte la promotion de la Dune du Pilat qui attire 1,2 million de visiteurs par an. Des événements comme » les Grands Concerts d’Été » dynamisent l’attractivité touristique et l’image de la ville.

La nouvelle mascotte d’Arcachon : Arcachon, je t’aime. Crédit Photo : Flavien Collonge.
Le secret de sa longévité : la proximité
Le maire d’Arcachon se rend disponible à tout échange et questions lors des événements, n’hésite pas à saluer les habitants quand il le peut. Il multiplie aussi les rencontres, les cérémonies conviviales pour les nouveaux habitants, et celles au sein de tous les quartiers d’Arcachon, au mois de mai. Sa présence en vidéo sur les réseaux sociaux, Ville Arcachon, renforce son image de “maire modèle”.
Cette proximité génère une fidélité de 70% chez ses électeurs historiques. Les seniors, qui représentent 40% de l’électorat, et les classes moyennes apprécient cette gestion simple et sans scandale financier.
Une opposition fragmentée face à l’ogre électoral
Pour mars 2026, plusieurs candidats se lancent dans la bataille. Vital Baude (EELV, 12% en 2020) cible l’immobilier hors de prix avec un prix moyen de 8 200 euros le m². Il propose des quotas de 10% de logements sociaux et un encadrement strict des locations Airbnb. Laurent Lamara (RN) dénonce les thèmes de l’insécurité et dénonce les résidences secondaires qui représentent 67% du parc immobilier.
Mais sans bilan comparable, ils plafonnent à 15-20% chacun dans les intentions de vote. En réunissant 600 personnes au Tir au Vol, M. Foulon montre sa détermination à s’affirmer, devant la confiance de ses électeurs, nombreux et fidèle. Mars 2026 dira si l’Arcachon foulonien séduit toujours ses 11 600 habitants ou si la ville aspire au changement après un quart de siècle sous la même direction.
